Récit du Maroc par Pierrot:
Des rues de cums sillonnent le ciel rhodanien. Une journée à crosser. Mais ce n'est pas à Quincié que Roland attend les 7 autres fantastiques : Pierre, ThierryL, Ben, Ludo, Pierrot, Rémi et Joss. « Les passagers du vol EZ 4495 à destination de Marrakech peuvent se présenter porte 10... »


Samedi 13 mars 2010. Aujourd'hui, le groupe est exaspéré d'apprendre que la bureaucratie marocaine n'est pas un mythe.

Chasse aux kilos, embarquement laborieux côté français... mais ce n'est rien en comparaison de ce qui les attend à Marrakech. Non contents de l'heure et demie aux guichets de l'immigration, nous apprenons à nos dépens avoir des passagers clandestins ; tandis que Pierre (dit Moustache, dit Le chibani) échappe de peu à une fouille corporelle « approfondie » (faut pas agacer les douaniers, non, faut pas !), nous voilà donc contraints de remettre toutes nos radios, à défaut d'autorisation d'utilisation temporaire des télécoms (malgré les avertissements de ThierryL quelques semaines avant le départ)... Tant pis. On récupère les voitures et c'est parti pour le centre de Marrakech. on se venge sur un couscous à se damner au Dar Mimoun, avant un classique tour sur la place Jamaâ El Fna (et un dessert moins classique d'escargots aux épices), et avant la découverte (pour certains), des talents sonores nocturnes de certains d'entre nous (ils se reconnaîtront, on n'est pas des balances !).


14 mars. Aujourd'hui le groupe est déçu d'apprendre qu'avant l'heure c'est pas l'heure, et qu'après l'heure... c'est plus l'heure.
En voiture à 8h, c'est parti pour Tifnite. Gonflage dans le sable face à l'océan et premier décollage de Rémi pour un peu de soaring face à l'océan. C'est tentant, mais si lui ne se maintient qu'à 2 m au-dessus de la falaise, pour nous ça aurait été le tas assuré, et pliage dans le sable mouillé. Nous attendrons le Nid d'Aigle pour un plouf un peu frustrant alors qu'apparemment, ça a bien volé plus tôt l'après-midi. Mais ça fait du bien après déjà quelques heures de voiture. Nous arrivons à Legzira, chez Abdoul, à 19h, parmi un groupe de 25 parapentistes néerlandais. Grrt grrt grrt, qu'y disent...


15 mars. Aujourd'hui, le groupe est forcé de reconnaître qu'il y a différents niveaux de pilotage.
Ce matin, ça soufle en est... pas bon quand on est sur l'Atlantique. Nous en profitons pour rouler vers Tafraoute. Sur la route, après la verdure de la bande côtière, nous découvrons de tout autres paysages depuis le col du Kerdous où les moins chevelus d'entre nous seront quand même décoiffés. Aucun regret de laisser les ailes dans les coffres. Découverte des rochers bleus, étonnantes formations rocheuses du schtroumpfolithique (je crois), au pied desquels nous poursuivons l'acclimatation au régime pain-vache-qui-rit-orange. Rémi et Ludo s'offrent une balade digestive alors que le picnic nous reste sur l'estomac : ils percent l'inversion à 2600 pour continuer leur grimpette jusqu'à 3000 m pendant que l'on lèche la pente (au mieux) ou que l'on s'applique au vol ballistique. Ils viendront poser plutôt que de partir en cross (pas de radio...) pour nous permettre de profiter d'une restite dans de l'huile et littéralement jusqu'à la nuit au Col des Mines.


16 mars. Aujourd'hui, le groupe s'en fout d'apprendre que les selles de Joss sont toujours moulées...
Après le traditionnel achat des babouches de tafraoute, nous nous mettons en route pour un décollage en sud-est que nous avaient indiqué des alsaciens (comme quoi, ils ont beau voter n'importe quoi, ils peuvent quand même être sympas...). 15 minutes de soaring laborieux, mais le repérage valait largement la peine (et au moins on a volé, nous, contrairement au reste du Maroc).


17 mars. Aujourd'hui, le groupe est perplexe d'apprendre que par 55 km/h de vent (de cul, en plus), ça ne vole pas.
Heureusement, la journée a très bien commencé. L'un après l'autre, au lever, le nez au ciel, nous sommes unanimes : « ça va le faire ! ». Et ça l'a fait grave (comme diraient les jeunes) ! Plus d'1h30 en l'air, jusqu'à 800 m de gain sur la crête du site sud-est, Un vol écourté seulement parce que nous sommes attendus à Sidi Ifni ce soir. Nouveau passage dans l'autre sens au col du Kerdous vers 13h30... 55 km/h au ventimètre. Et pas dans le bon sens. On envisage d'envoyer Ben avec sa belle combinaison bleue pour voir si, là aussi, ça le fait. Bizarrement, il refuse. On ne saura donc jamais.
En voiture Simone. Nous savions être attendus, mais l'accueil policier à l'entrée de la ville nous a tout de même surpris. Les talents de négociateurs de Pierre et ses relations avec les plus hautes sphères du monde banquaire... de Sidi Ifni... nous sortiront d'une situation délicate pour quelques malheureux km/h de dépassement (heureusement qu'ils n'ont pas remarqué les bosses que l'on a faites dans le plafond du Kangoo après une séance de rodéo à toute berzingue sur un dos d'âne). Le superbe hôtel Bellevue surplombant la plage, dégoté par Pierre, ne nous retiendra pas longtemps car Brigitte nous attend pour une soirée inoubliable. Non, ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout ce que vous croyez. Comme vous êtes !!! En fait, cette amie du chibani aide les familles en difficulté des environs dans leurs démarches administratives et face aux autres tracas. Elle a organisé un repas préparé par Hafida dans sa modeste mais si accueillante maison. Nous nous régalons de R'fissa, un plat traditionnel que l'on n'aurait jamais dégusté ailleurs, d'une salade gargantuesque et de gâteaux (superflus, mais il n'en est finalement pas resté beaucoup, nos estomacs avaient commencé à se dilater pour s'adapter aux quantités avalées pendant la semaine). Entre rires, photos et découverte d'un Maroc féminin finalement assez moderne, notre hôtesse et ses amies/voisines confirment si besoin était que la générosité est parfois inversement proportionnelle aux possessions matérielles. Un moment inoubliable.


18 mars. Aujourd'hui, le groupe est soulagé de confirmer que l'incorruptibilité des policiers locaux n'est pas pour demain.
Départ de Sidi Ifni direction Aguergour (7 à 8 heures de route annoncées). Et ça commence par une montée derrière des camions... moyenne : 5 à 10 km/h. Mais la ligne est blanche, continue. Tout le monde prend son mal en patience et l'on recroise, sereins, les mêmes policiers que la veille qui nous félicitent de notre civisme. Ils ne savaient pas (et nous non plus d'ailleurs), que des collègues nous pinceraient quelques kilomètres plus loin pour une autre ligne blanche désespérante, et à peine mordillée... bon d'accord, on a bouffé 4 ou 5 camions dans l'histoire, mais bon, hein ! Il faudra à nouveau tous les charmes de Moustache pour éviter le retrait de permis et une prune plus sévère. Ce n'est qu'en début de soirée que l'on pourra se détendre à la terrasse de chez Latifa, alors que la brume et le vent de cul dissipent tout espoir de plouf du soir (notez la rime).

19 mars. Aujourd'hui, le groupe est éberlué d'apprendre que quand on est 80 m plus haut, c'est comme si on était 80 m moins bas (à méditer).
Roland, Ben et Pierre seront les premiers à découvrir le gîte vu du ciel ce matin, tandis que les optimistes attendent un meilleur créneau. On y croit on y va... un beau tas pour Ben (qui était remonté), Ludo et Pierrot. Le TAS Team a de l'avenir. On ne se démonte pas. Au lieu de ça, on Remonte ! C'est en place, et c'est au milieu d'une trentaine d'ailes que se feront nos derniers grands vols de la semaine, avec un peu de soaring, un peu de thermiques, des reposes au déco, des frayeurs avec les conceptions très personnelles des priorités par certains, et encore une belle balade de Ludo presque jusqu'au barrage. Aaaahhh ça fait du bien de rester en l'air ! Ca s'arrose par quelques bières chez Ahmed, avant la dernière nuit ici.

20 mars. Aujourd'hui, le groupe est écœuré d'apprendre qu'il laisse derrière lui Pat' la teigne... ou pas.
Eh oui, l'heure des derniers ploufs a sonné avant de remonter sur Marrakech pour le vol du retour. Joss envoie les sat et les 360 asymétriques, Rémi fait chauffer les freins du Kangoo, Pierre plonge dans les yeux verts d'Olga (je suis sûr qu'elle s'appelait Olga, même si personne ne le sait), Thierry nous démontre une nouvelle fois ses appuis sellette impressionnants (s'il pouvait se retourner sur le ventre, il le ferait !), Ludo soigne son bronzage, Pierrot son coup de soleil (ça cogne dans la nuque, sans les cheveux, on ne m'avait pas dit), Roland nous fait une démo de décollage dos voile par tempête de vent nul... et Ben se fait la cheville après être remonté une dernière fois au déco, victime de sa gourmandise (ou de son envie d'épater la redoutable Russe rousse, toujours elle). Mieux vaut un vol de moins qu'un vol de trop. Remets-toi vite !

Et en parlant de remettre, on remet ça quand ?

A venir des photos et la vidéo ...